Floriffoux – guerre 40-45 – réquisition de cloches en 1943

En introduction, nous commençons par un résumé de l’article ” La réquisition des cloches par l’occupant” publié par Monsieur Fabrice Maerten, responsable de la valorisation des collections du Cegesoma (Centre d’expertise belge de l’histoire des conflits du 20ème siècle) dépendant des Archives de l’Etat,

Avortée en 1917-1918, la réquisition des cloches est décidée par l’occupant par l’ordonnance sur la livraison des métaux non ferreux du 20 octobre 1941 mais les autorités allemandes suspendent alors son application pour les cloches.
Le cuivre et surtout l’étain qui les composent manquent pourtant à l’Allemagne.
En effet, les avions, les sous-marins et les nouveaux composants électroniques des radars nécessitent une grande quantité de métaux non ferreux.
En décembre 1942, ces mêmes autorités édictent une nouvelle ordonnance exigeant notamment la livraison de toutes les cloches. Les évêques de Belgique s’y opposent fermement. Suite à cette vive réaction, cette décision est tenue en suspens, pour un temps en tout cas.
Une Commission pour la sauvegarde des cloches est créée le 18 mai 1943 au sein du Ministère de l’Instruction publique en vue d’en sauvegarder le plus grand nombre possible et un accord est conclu avec l’occupant. Les cloches sont ainsi classées en cinq catégories: les quatre premières en fonction de la date de la cloche, la cinquième constituant une catégorie spéciale. Seules les cloches des deux dernières catégories,
soit celles fondues avant 1730 et celles regroupant les carillons et une cloche d’appel par église seront sauvées.
À partir du quatre mai 1943, les dizaines de voitures et camions de la firme adjudicatrice Nicolas van Campenhout, de Haren, sillonnent notre pays pour enlever les cloches.
La population réagit avec tristesse mais aussi avec résignation à cette opération
d’enlèvement des cloches qui seront expédiées par péniches vers le port d’Hambourg pour y être fondues. Quelques 4 104 arriveront finalement en Allemagne.
À l’issue de la guerre, on recensera officiellement la perte de 3 365 d’entre elles et de nombreuses années seront nécessaires pour les remplacer.

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Nous reproduisons ci-dessous des extraits du Liber memorialis (littéralement livre de la mémoire) de la paroisse de Floriffoux tenu par les desservants successifs, en l’occurrence ici les considérations de l’abbé Louis Rossomme, curé de la paroisse au moment de l’enlèvement de deux cloches de l’église.

Ci-dessous les bordereaux de réquisition des cloches.

A gauche, le bordereau attestant leur enlèvement et leur transport le 4 octobre 1943. La référence A.VII.393 concerne la grosse cloche appelée Euphrasie d’un poids de 700kg. La référence A.VII.394 concerne la deuxième cloche appelée Sainte Gertrude d’un poids de 467kg.

A droite, la confirmation  de l’Autorité allemande en date du 8 octobre 1943 quant à leur enlèvement et transport.

 

Les opérations d’enlèvement des cloches (photos issues des archives du curé Félix BIOT).

Sur les photos ci-dessous (issues des archives du curé Félix BIOT) vous remarquerez les mines graves des habitants de Floriffoux assistant impuissants au départ de deux cloches réquisitionnées par l’Autorité allemande.

1. ???? 2. Joseph Delplace 3. ???? 4. ???? 5. Marie Sprumont 6. ???? 7. ???? 8. ???? 9. ???? 10. ???? 11. ???? 12. ???? 13. Marie-Thérèse Van Oldeneel 14. Elisabeth Van Oldeneel 15. Marie-Thérèse de Dorlodot 16. ????

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