Franière – élections communales du 12 octobre 1958

La vie politique communale est rythmée par les élections des mandataires qui ont lieu tous les six ans, le deuxième dimanche du mois d’octobre. Nous avons pu avoir accès aux documents officiels concernant les élections du douze octobre 1958 à Franière et vous en donnons ci-dessous un aperçu.

Tout d’abord, précisons que les électeurs (l’âge de la majorité est fixé à cette époque à vingt-et-un ans) sont convoqués (le vote est obligatoire) à l’école des filles, rue de l’Eglise, où ils sont dirigés vers un des deux bureaux de vote en fonction de leur nom de famille en suivant l’ordre alphabétique.

Le bureau principal en charge du bon déroulement des élections et du respect des législations en vigueur est présidé par Norbert GOFFETTE, chef d’école à Franière, comme en témoigne le tableau ci-dessous.

Le Conseil communal, en séance du seize septembre 1958, a fixé les montants qui seront attribués aux membres des bureaux électoraux.

Deux listes s’affrontent (la liste n°1 socialiste et la liste n°2 sans dénomination mais de tendance catholique) pour se disputer les neuf sièges en jeu et trois modes distincts d’exprimer son choix sont laissés à l’électeur : soit en glissant dans l’urne un bulletin «panaché», soit un bulletin de liste «complet» ou un bulletin de liste «incomplet».Le premier (dit panaché), abandonné aujourd’hui, consiste à porter son choix nominatif en faveur de listes différentes. Le bulletin complet est le vote en case de tête pour marquer son accord sur l’ensemble de la liste et des candidats: la liste obtient ainsi une voix sans augmenter le score personnel d’aucun candidat de la liste. Enfin, le bulletin incomplet est celui qui ne comporte de suffrages nominatifs qu’en faveur de candidats d’une seule liste.

Les listes en présence sont les suivantes :

Liste n°1 : PSB

  1. Marcel BRUART
  2. Gustave RADU
  3. Xavier BASTIN
  4. Joseph CHARLIER
  5. Théophile BOESMANS
  6. Léon HENUZET
  7. Marcel GUILLAUME
  8. Lucien PHILIPPE
  9. Alphonse PARMENTIER

Liste 2 : Intérêts Communaux 

  1. Henri LEON
  2. Jules CLITUS
  3. Georges GOFFAUX
  4. Jean-Paul SERVOTTE
  5. Robert DETANT
  6. Amand LAURIERS
  7. Florent GERARD
  8. Laurent VERSTRAETE
  9. Paul DEMANET

Les électeurs sont invités à venir voter entre huit et quatorze heures et le dépouillement commencera à 15 h 15´. MM. Marcel BRUART (pour la liste n°1) et Georges GOFFAUX (pour la liste n°2) siégeront comme témoins. La liste électorale arrêtée au 1er mai 1958 comporte 940 noms se répartissant entre 511 femmes et 429 hommes. Toutefois, 67 d’entre eux ne participeront pas au vote pour diverses raisons (maladie, obligations professionnelles, séjours à l’étranger…). C’est ainsi que les urnes contiendront respectivement 421 et 452 bulletins pour les bureaux un et deux, soit le total de 873 bulletins à dépouiller, après la fermeture des bureaux.

Le résultat de ce dépouillement donnera 857 bulletins valables, six blancs et nuls et dix panachés. De ces 857 votes valables, 467 se porteront sur la liste n°1 socialiste et 390 sur la liste n°2 de tendance catholique. Quant aux dix bulletins panachés, après un savant calcul, ils se traduiront par 2,22 voix pour la liste n° 1 et 2,55 voix pour la liste n°2. Le nombre des bulletins blancs et nuls – dérisoire- témoigne de l’intérêt et de l’importance que l’électeur franiérois accorde à cette démarche civique.
Au final, la liste socialiste n°1 menée par Marcel BRUART totalisera 469,22 voix et la liste n°2 conduite par Henri LEON, 392,55 voix. Traduit en sièges, ce résultat donnera la majorité à la liste n°1 avec cinq sièges, la liste n°2 devant se contenter des quatre sièges restants à pourvoir.
Pour ce qui concerne les voix de préférence individuelles, le tableau ci-dessous en donne le détail complet.

Le chiffre rouge précédant le nom des candidats indique les élus et leur ordre. Nous en extrayons les cinq meilleurs scores, toutes listes confondues :
. Marcel BRUART, bourgmestre sortant, 149 voix;
. Laurent VERSTRAETE, qui se présentait pour la première fois, récolte 111 voix;
. Léon HENUZET, également candidat pour une première fois, 91 voix;
. Jean-Paul SERVOTTE, idem, obtient 76 voix;
. Jules CLITUS, idem, 62 voix.

Il est à noter que seuls, deux conseillers sortants ne se représentaient plus : MM. Florent DERESE et Georges BLAVIER. Furent réélus parmi ces sortants : MM. BRUART, RADU, CHARLIER et LEON . Ne furent pas réélus, les trois conseillers sortants, MM. Théophile BOESMANS , Florent GERARD et Xavier BASTIN (ancien échevin).

Le Conseil communal issu des urnes et installé le vingt janvier 1959 comptait ainsi parmi ses membres quatre anciens mandataires et cinq nouveaux promus, comme repris au tableau de préséance ci-dessous arrêté par le Conseil le vingt janvier 1959.
D’autre part, comme la loi l’exige, les suppléants, au nombre de quatre par liste, ont été désignés parmi les non-élus.
À y regarder de plus près, l’absence complète de femmes parmi les candidats est caractéristique de l’époque; pour mémoire, à l’heure actuelle, une stricte parité entre femmes et hommes est requise sur les listes de présentation…

Il est intéressant aussi de noter la répartition géographique et les professions des nouveaux élus : cinq habitent dans le centre, deux à Deminche et deux à Trémouroux ; trois sont employés (MM. Bruart, Servotte et Clitus) ; trois sont ouvriers (MM.Radu, Hénuzet et Guillaume); un est pensionné (M.Charlier) ; un est cultivateur (M.Verstraete) et un est cadre (M.Léon, contremaître).
Enfin, si le bourgmestre a fait l’objet d’une nomination par un arrêté royal du trois décembre 1958 – aujourd’hui, la nomination relève de la Région Wallonne -, les  échevins ont été élus par le conseil communal du vingt janvier 1959: M.Gustave Radu obtient ainsi cinq voix et devient premier échevin tandis que M. Joseph Charlier réunit l’unanimité sur son nom et est installé comme deuxième échevin.

Nous ne disposons malheureusement pas de tracts électoraux pour illustrer les polémiques politiques inévitables en pareille circonstance, toutefois le correspondant local du quotidien catholique Vers l’Avenir n’hésite pas dans l’édition du 11 octobre 1958 à sous-titrer “La bonne liste porte le n°2”,  et le contenu de son article témoigne de l’âpreté des joutes électorales de l’époque. Les polémiques se démarquaient alors nettement de celles que nous connaissons aujourd’hui. Dorénavant, le style est beaucoup moins saignant et les attaques à fleurets mouchetés. Les élections seront validées le 7 novembre 1958 par la Députation Permanente du Conseil provincial de Namur.

Nous remercions Mesdames Josette LAURIERS et Rita VERSTRAETE pour les renseignements communiqués. 

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