Soye – rue Emile Lorent – vers 1920

Cette maison qui porte le n°217 est à l’heure actuelle le n°34 de la rue Emile Lorent.

Vue prise vers 1920.

Maison occupée par Camille MARCHAL, plafonneur et son épouse Florentine CLAREMBEAUX.

Voici un texte extrait d’«Une enfance à Soye – L’hiver des prunelliers» de Joseph Bodson, qui a trait à la rue Émile Lorent (anciennement rue du bois du bréyau ou bréau).

«… Prenons maintenant, sur la droite (BF: au-dessus de la rue Nouvelle), la rue Émile
Lorent. Nouveau tienne, nouvelle terre à cailloux. Devant nous, bientôt, le bois du Bréyau. J’y ai passé à jouer bien des heures de mon enfance.
Le nom viendrait, selon Louis Lessire, le sagace historien de Soye, d’une racine qui signifie: broû, en wallon. Mais un bréyau, en wallon, c’est aussi un pleureur, un enfant qui ne cesse de geindre.
Et je me suis demandé, pendant des  années, pourquoi l’on avait donné ce nom à notre bois: y avait-il là un enfant particulièrement difficile, que ses parents avaient chassé dans le bois pour ne plus être importunés par ses cris? Mystère …
Était-ce cet enfant que l’on entendait pleurer, aux soirs d’orage, ou dans les souffles de la bise? Mystère … tout était mystère, dans ce bois, et j’y allais de découverte en découverte. Il était plein de coins et de recoins, de plis et de replis, de tranchées, de monticules, et mon imagination pouvait s’y donner libre cours.» (page 15)

«… rue Émile Lorent – c’est ainsi, du moins qu’elle devait s’appeler après la guerre de quatorze, car c’était le nom d’un soldat mort au front. On peut sourire de ces noms donnés aux rues, de ces vieux de celle de quatorze, aujourd’hui bien oubliés.
J’y trouve pourtant quelque chose d’émouvant: tous ces jeunes villageois, «fauchés dans la fleur de l’âge», pour employer l’expression consacrée, qui n’ont pas eu le temps d’arpenter à leur guise les rues de leur quartier, mais qui continuent à les hanter, ne serait-ce que dans la besace des facteurs, leur nom inscrit sur toutes les lettres , factures et prospectus.
Les rues aussi ont leur mémoire, même si les hommes oublient.»(page 41)

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