Soye – Chez Elise
Carine GOSSET, habitant Soye, nous fait part de ses souvenirs d’enfance concernant une épicerie autrefois bien connue des Soyens : « Chez Elise »
C’est dans les années ’60 que ma grand-mère, Elise Herquin, décida d’ouvrir un petit commerce à Soye, au 184 de la rue Simon Remy (actuellement 11, rue de Floriffoux). En voici l’enseigne originale:
Avec l’aide de son mari Joseph DEPREZ, natif de Franière, elle obtint les autorisations et éléments indispensables pour l’ouverture d’une épicerie qui devint rapidement un magasin multi-articles : vêtements, bijoux, charbon de différentes dimensions (6/12, 12/22, boulets), jouets et tout autre article au choix. Un jour, Joseph est même allé chercher un poêle au charbon à Namur pour un client.
Avec à l’arrière-plan la devanture du magasin, de gauche à droite : Elise et son mari Joseph, Liliane (dite Elise) Thireur, fille d’Elise, Alexis Herquin, papa d’Elise et… le chien Pompon.
Nous recevions régulièrement des représentants de fournisseurs dans la pièce appelée ‘cuisine’ qui faisait aussi office de salle à manger et salon.
J’avais moins de 10 ans et vivais cela un peu comme une fête, surtout lorsque le grand camion arrivait avec toutes ses nouveautés en jouets, bonbons et autres articles parmi lesquels ma grand-mère choisissait les produits intéressants pour son magasin.
Mes parents et moi (fille unique) habitions la maison juste à côté avec correspondance intérieure et maman, Liliane Thireur dite ‘Colo’ (son grand-père l’appelait mi p’tit colau) travaillait dans le magasin avec sa maman.
Une caisse calculatrice à rouleau était utilisée pour le calcul du prix des courses des clients. Les tickets étaient entièrement manuels : inscription de la date et du nom du client, ainsi que chaque article avec la quantité et le prix unitaire. Le total venant de la ‘grosse’ calculatrice y était aussi inscrit. Tous les soirs, mon grand-père Joseph ‘faisait les comptes’ comme il disait, en comparant des notes manuelles et des chiffres sur le rouleau de la calculatrice. Il faut savoir qu’un papier double avec calque était utilisé : l’original donné au client et la copie gardée pour vérification de l’exactitude des chiffres. Le magasin offrait également la possibilité d’utiliser le téléphone (à cadran tournant).
Il était ouvert tous les jours de 8h à 22h, sauf les lundis après-midi et mardis matin : deux demi-jours de fermeture sur la semaine servant au réapprovisionnement et parfois une petite sortie en famille.
J’ai grandi dans un univers merveilleux, mais attention !, si je voulais un bonbon, je devais le payer ! Et de temps en temps, nous allions dans une foire / expo telle que la Foire aux Bonbons, d’où je sortais avec un énorme sac rempli de friandises de toutes sortes et où je me sentais comme la reine de l’Univers.
Chaque année au Nouvel An, nous préparions des colis pour nos clients fidèles, remplis de divers articles reçus de nos fournisseurs. Je me souviens de paquets de café, de livres de coloriage, de biscuits, sucre, bonbons, petits jouets et autres, et nous gonflions des ballons pour en décorer le magasin, en plus des guirlandes et du sapin de Noël. C’était magique !
Les rayons, très hauts, étaient disposés le long des murs, avec les bacs à fruits et légumes; les frigos et congélateurs étaient légèrement décalés vers l’intérieur, de même qu’un rayon supplémentaire, ajouté pour des articles non alimentaires. Ce qui laissait un couloir assez large pour le passage des clients, de l’entrée au comptoir, car à l’époque le commerçant servait les clients en leur apportant les marchandises choisies.
Quand la situation le permettait, quelques clients profitaient des courses pour venir tailler une petite bavette devant le comptoir. La cour extérieure devant le magasin était également un lieu de rendez-vous des jeunes … et moins jeunes.
N’oublions pas les fameuses journées lors de la fête de Soye. Chaque année, le cortège folklorique composé, entre autres, de chars s’arrêtait devant le magasin pour le ravitaillement des troupes. A cette occasion, nous sortions les frigos et congélateurs dans la cour intérieure ouverte à tous pour une dégustation de glaces et boissons.
Beaucoup de travail mais tellement de joie et de belles rencontres.
Ma grand-mère a décidé de fermer son magasin à 60 ans (âge de la retraite), car les grandes surfaces avaient fait leur apparition et cela se ressentait dans l’activité et les contacts sociaux du petit magasin qui avait si bien marché.
C’était en 1978 et j’avais 14 ans.
Carine Gosset, mai 2026.
Elise nous quitte le 23 septembre 2002, à l’âge de 84 ans.

Wow !! Super récit !! Ce magasin était mon petit bonheur quand je pouvais y aller et espérer un petit bonbon… Beau souvenir dans notre village de Soye. 👌☀️👌
Vraiment un super merci Chantal ❤️. Je suis très contente que nous nous soyons retrouvées après toutes ces années 😘
Nous venions de franière à vélo .
Et nous dégustation une glace à l’eau au coca. De très bons souvenirs.
Nous étions dans les années 73-74.
Merci beaucoup pour ton commentaire Jeannine, qui rappelle de bons souvenirs ❤️