Potales et bornes-potales
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1. Les bornes potales : jalons de foi et de mémoire dans le paysage wallon
Parmi les éléments les plus emblématiques du petit patrimoine sacré en Wallonie, les bornes potales occupent une place à la fois discrète et profondément évocatrice. Témoins d’une religiosité populaire enracinée dans les campagnes, elles incarnent une forme de piété de proximité, à la croisée du spirituel, du social et du territorial.
Origines et évolution
Le terme « potale » désigne une niche abritant une statuette de saint ou de la Vierge, souvent placée dans un mur ou un édifice. Lorsqu’elle est érigée de manière autonome, sur un socle ou un piédestal, on parle alors de borne potale. Ces édicules apparaissent dès le Moyen Âge, mais la majorité des exemplaires conservés datent des XVIIe au XIXe siècles.
Leur implantation en bord de route, à un carrefour ou à l’entrée d’un village n’est jamais anodine. Elles marquent des lieux de passage, des limites territoriales, ou des sites chargés d’une mémoire collective : un vœu exaucé, une épidémie surmontée, un accident tragique.
Fonctions multiples
Les bornes potales remplissent plusieurs fonctions :
- Dévotionnelle : elles offrent un lieu de prière en plein air, souvent dédié à la Vierge Marie ou à un saint protecteur (Saint Donat, Sainte Barbe, Saint Roch…).
- Protectrice : elles sont censées veiller sur les voyageurs, les récoltes, les troupeaux ou les habitations voisines.
- Commémorative : certaines sont érigées en souvenir d’un événement marquant ou d’un vœu personnel.
- Processionnelle : elles servent parfois d’étapes lors de processions religieuses.
Formes et matériaux
Les bornes potales présentent une grande diversité formelle. Elles sont généralement composées de quatre éléments : une base, un fût, une niche (souvent en plein cintre ou en cul-de-four) et parfois une croix sommitale. Les matériaux varient selon les ressources locales : pierre calcaire, grès, fonte, parfois bois.
Certaines sont richement décorées, d’autres d’une grande sobriété. On y trouve des inscriptions, des dates, des invocations (« Priez pour nous »), et des statuettes protégées par une grille ou une vitre.
Un patrimoine fragile
Souvent exposées aux intempéries, aux chocs ou à l’oubli, les bornes potales sont aujourd’hui menacées. Pourtant, elles constituent un repère identitaire fort, un lien entre passé et présent, entre sacré et quotidien. Leur préservation passe par l’inventaire, la restauration, mais aussi la transmission de leur histoire.
Conclusion
Les bornes potales ne sont pas de simples ornements de bord de route. Elles sont les témoins silencieux d’une foi populaire, d’un attachement au territoire et d’une mémoire collective. En les redécouvrant, c’est tout un pan de notre histoire rurale et spirituelle que nous remettons en lumière.
2. Les potales : mémoire de la foi populaire en Wallonie
Parmi les éléments les plus emblématiques du patrimoine religieux populaire, les potales occupent une place singulière dans l’histoire des campagnes et des bourgs wallons. Ces petites niches murales, souvent surmontées d’une statuette de la Vierge ou d’un saint, incarnent une forme de piété de proximité, enracinée dans les gestes du quotidien et les croyances locales.
Origines et diffusion
Le mot « potale » est propre à la Wallonie et désigne une niche creusée dans un mur, généralement à hauteur d’homme, destinée à accueillir une représentation sacrée. L’usage de ces niches remonte au Moyen Âge, mais leur multiplication s’observe surtout à partir du XVIIe siècle, période marquée par une intensification de la dévotion mariale et des cultes de protection.
Les potales se retrouvent sur les façades de maisons, aux carrefours, sur les murs d’églises ou de fermes, et parfois même dans les troncs d’arbres. Elles sont souvent orientées vers la route, comme pour bénir les passants ou les voyageurs.
Fonctions spirituelles et sociales
Les potales remplissent plusieurs rôles dans la vie communautaire :
- Dévotion personnelle : elles permettent aux habitants de prier sans se rendre à l’église, notamment lors des travaux agricoles ou des déplacements.
- Protection : elles sont censées éloigner les maladies, les accidents ou les intempéries. Certaines sont dédiées à des saints invoqués contre la peste, les incendies ou les foudres.
- Mémoire collective : elles commémorent parfois un vœu exaucé, une guérison ou un événement marquant.
- Signal religieux : elles marquent la présence d’une foi vivante dans l’espace public.
Formes et matériaux
Les potales présentent une grande diversité architecturale. Certaines sont simples, creusées dans la pierre ou le crépi, d’autres sont encadrées de moulures, surmontées d’un petit toit ou protégées par une grille. Les statuettes qu’elles abritent sont en bois, en plâtre, en terre cuite ou en métal, souvent peintes et parfois accompagnées de fleurs ou de cierges.
Un patrimoine fragile mais vivant
Souvent exposées aux intempéries, aux rénovations ou à l’oubli, les potales sont aujourd’hui menacées. Pourtant, elles constituent un repère identitaire fort, un lien entre passé et présent, entre sacré et quotidien. Leur préservation passe par l’inventaire, la restauration, mais aussi la transmission de leur histoire.
Conclusion
Les potales ne sont pas de simples ornements muraux. Elles sont les témoins silencieux d’une foi populaire, d’un attachement au territoire et d’une mémoire collective. En les redécouvrant, c’est tout un pan de notre histoire rurale et spirituelle que nous remettons en lumière.
Floreffe
Buzet : rue de la Froidebise
© Heike Tiede
Sous un bouquet d’arbres, potale monolithe en calcaire de la 1ère moitié du XIXème siècle dont la niche en bâtière est creusée d’un plein cintre.
Sainte Marie-Madeleine : dans la montée du cimetière du centre de Floreffe
© Jean-Claude Leroy
Photo prise vers 1940
© Jean-Claude Leroy
VA 13-07-1924
Floreffe : Bois du Nangot
Photo prise en 1953 – source : Semflo. Cette potale n’existe plus.
Notre-Dame de Hal : rue de Robersart, à l’entrée du chemin menant à la ferme
© Jean De Waele
Potale en calcaire dont la mitre, datée de 1700 par chronogramme, porte l’inscription « vierge pUre De HaLL inVoqUez Votre fiLs : poUr pieUX JUste sang. protégez Mes enfans ».
Floriffoux
Sainte-Barbe : rue du Chenêt
© Christian Couwenbergh
© Heike Tiede
© Jean-Claude Leroy
A Floriffoux, rue du Chenêt, le culte de la Sainte est en relation avec l’ancienne carrière d’extraction de pierres (et donc d’utilisation d’explosifs) qui se situait à proximité, à l’arrière de la rue de Frégimont (dans sa partie basse). Ci-dessous, quelques notes relatives au culte de sainte Barbe.
Rue du Rissart, au n°7
Franière
Sainte-Barbe : à l’angle des rues de Soye et de la Boulonnerie
© Christian Couwenbergh
© Christian Couwenbergh
Rue de Soye, au n°23
© Christian Couwenbergh
Soye
Allée Verte, au n°5
© Christian Couwenbergh
Saint-Michel : Rue Saint-Roch, au n°10
© Christian Couwenbergh
Saint Michel est le Saint patron des merciers (graissiers, boutonniers, dentelières, perruquiers, chapeliers), vitriers, vanniers, imprimeurs et libraires, manufacturiers de bas, peintres, fondeurs de cloches, pelletiers, tapissiers, galonniers, lanterniers.
Cette maison a été occupée par les deux sœurs Noyon, Maria et Louise, originaires de Franière institutrices à Soye (cf. Louis Lessire, Histoire de Soye, L’Antiquaire (Cercle d’études historiques de l’Entre-Sambre-et-Meuse),éditeur responsable René Adam, Yves-Gomezée, 1969, 261 p.). Respectivement institutrices des primaires et gardiennes, elles enseignèrent de 1893 à 1930 pour la première, et de 1905 à 1935 pour la seconde. Maria décéda la dernière en 1955 et occupa la maison concernée de la rue saint Roch jusqu’à cette date. L’occupant suivant fut René Weverbergh, ancien journaliste et commissaire scout. Enfin, à son décès, c’est l’instituteur Lucien Legrain qui occupa la maison. Qui a placé cette statue de saint Michel et pourquoi, nous l’ignorons, mais il faut cependant noter que tous les occupants successifs de la maison étaient des catholiques pratiquants.
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