Le bon et brave Docteur CALOZET par Alain DENIS

Classé dans : Figures marquantes | 4

Je suis né le 02 avril 1947 à l’étage de la boucherie-charcuterie Chabottier-Meunier, 52 rue de Floreffe à Franière, dans le quartier Saint-Pierre. C’est le Docteur Calozet qui a assisté maman à me mettre au monde, un brave médecin de campagne qui a consacré toute sa vie au service de ses malades et des pauvres gens, sans compter ni son temps ni ses sous.

<em>Le Docteur Jean Calozet</em>
Le Docteur Jean Calozet

Il était toujours affublé d’une casquette qu’il avait l’habitude de pendre à l’espagnolette de la fenêtre en entrant au domicile du patient. Ce docteur n’avait pas de stéthoscope, il se servait de son oreille uniquement, soulevant bien des fois quelques rires provoqués par le chatouillement de sa longue chevelure à l’arrière d’un crâne bien dégarni, de sa moustache et de son bouc jaunis par la fumée du cigare qui ne le quittait jamais. Il ne quittait jamais le domicile du patient sans laisser une pièce de monnaie à chaque enfant de la famille. Il avait connu le malheur de perdre son épouse, trois fils et une fille. Son fils en vie était Père Blanc au Rwanda et était revenu à Franière le 11 mars 1962 pour assister aux grandes manifestations de sympathie du village de Franière envers son cher et dévoué médecin.

Il était le médecin chargé des vaccinations des enfants des écoles de la commune. La terrible poliomyélite faisait des ravages à l’époque. Plusieurs personnes de Franière en ont été les victimes. Certaines sont décédées et d’autres sérieusement paralysées à vie.

Le docteur Calozet ne réclamait pas d’argent aux personnes pauvres pour ses consultations. C’était « le médecin du pauvre » qui respectait à la lettre le serment d’Hippocrate qu’il avait prêté : « Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif de gain ou la recherche de la gloire ». Il vivait d’une façon très simple dénuée de tralalas, se contentant souvent d’une tranche de pain et d’une de lard blanc bien gras passée dans l’eau bouillante…et de son petit Bols (genièvre) qu’il achetait en bouteilles en grès. Il téléphonait régulièrement à mon papa boucher pour se faire livrer cette pièce de viande bon marché. Il était servi dans le quart d’heure, parce que ce médecin était très populaire et on ne manquait jamais l’occasion de lui rendre service et de lui faire plaisir quand on le pouvait. Il habitait la rue de Floreffe au centre de Franière. Alors que, trop âgé, il n’exerçait plus, un jour vers 12h00, il a commandé à mon papa 2 tranches de tête pressée et le précieux lard gras. Pour le livrer, papa a traversé le chemin privé à vélo, il n’a jamais su comment il l’a retraversé dans le sens inverse, à pied avec, en main, le guidon du vélo qui l’a ramené à bon port ! Le docteur et lui avaient reparlé de balle pelote évidemment, servant quelques pékets dans des flûtes à champagne ! La cuite de chez cuites ! Il est décédé en 1969, à l’âge de 88 ans.

La rue où j’habite porte le nom du Docteur Calozet, il méritait mille fois cet honneur.

Ce texte fait est le premier chapitre de l’article autobiographique « Souvenirs d’une enfance et d’une adolescence heureuses » rédigé par Monsieur Alain DENIS. La suite sera publiée progressivement …

4 Responses

  1. Claudius

    Excellent travail, c’est avec plaisir de découvrir ces quelques photos et commentaires d’un vrai Floreffois

  2. André Bodson

    Article très intéressant qui pourrait être complété par les textes et photos parus dans la revue les Glanes, p.ex. Pour mémoire, une plaque commémorant sa naissance a été apposée sur la façade de sa maison natale.

  3. Ernoux Oswald

    Bonjour Alain.
    Je me présente. Oswald Ernoux rue du Calvaire 54 Franière.
    Pour gouverne nous avons usé nos fonds de culottes au même moment à l’école des garçon du cillage.
    Je viens de lire une nouvelle fois tes écrits postés sur internet. C’est une très bonne chose que de se les remémorer et les redater.
    J’aimerais savoir si pour les besoins d’un livre ayant Franière comme fil conducteur si je peux me rapporter sur les renseignements que tu as pris la peine de mettre en évidence.
    J’aimerais afin que nous puissions avoir d’autres contacts avoir ton adresse mail.
    Par avance merci Alain.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.