Floreffe – Croix-Rouge – Marie-Jeanne BELLIERE – Hommage à une Floreffoise

Le texte ci-dessous nous a aimablement été envoyé par M.André LESSIRE. Nous le reproduisons dans son intégralité.

« Une grande dame nous quitte », c’est sous ce titre que, dans son périodique « Coup de cœur » de décembre 1997, la section locale floreffoise de la Croix-Rouge rendait hommage à son ancienne présidente.

« Le 31 août, notre ancienne présidente Mademoiselle Marie-Jeanne Bellière nous quittait. Âgée de 93 ans, elle s’était retirée à la résidence « Les Lauriers » à La Plante depuis deux ans, mais on se rappellera sa présence passionnée aux réunions de comité jusqu’au-delà de ses 90 ans, aux séances de don de sang où elle distribua des milliers de plaquettes de fer aux donneurs et, pour les plus anciens, une longue présidence active à la tête de notre section. » Ses neveux et nièces abondèrent d’ailleurs en ce sens « Même dans les derniers temps de sa vie, elle était restée très attachée à cette Croix-Rouge à laquelle elle a consacré tant d’énergie et de dévouement. »

 

 

Mais qui était Marie-Jeanne BELLIÈRE ?
Cadette d’une fratrie de trois enfants, elle naquit le 25 novembre 1903 au 67 de la rue Riverre, maison familiale qu’elle ne quittera que deux ans avant son décès. Famille un rien « vieille France » dirigée par un père autoritaire aux yeux de qui seuls les garçons ont droit aux études ; les deux frères aînés de Marie-Jeanne firent donc des études et elle qui rêvait d’être institutrice gardienne en fut privée. Dotée d’une taille plutôt petite et d’un physique qu’elle jugeait peut-être peu avantageux, elle souffrait d’un certain complexe. Voulant son bien, ses parents l’inscrivirent dans un établissement fréquenté par des filles de bonne famille ; son père, responsable de la comptabilité aux Glaceries de Floreffe était pour l’époque un notable. L’expérience ne fit malheureusement qu’accentuer le complexe de la jeune fille. Elle avait une vingtaine d’années peut-être lorsqu’elle rencontra un jeune homme, futur médecin, qu’elle crut être l’homme de sa vie. On parlait mariage, le trousseau s’étoffait petit à petit et un beau jour … l’élu de son cœur la laissa sur le quai du train du bonheur. Catastrophe morale pour Marie-Jeanne qui voyait ainsi tout un monde s’écrouler autour d’elle. Pour tenter de lui changer les idées, de l’aider à oublier ses tourments, ses parents lui offrirent une croisière, expérience réservée à une certaine élite dans l’entre-deux-guerres. Elle fit là la connaissance d’une dame qui, dans l’échange de confidences, devina en elle ce besoin d’aller vers autrui et lui conseilla de se tourner vers une activité sociale. Revenue à Floreffe, elle entra immédiatement à la jeune section locale de la Croix-Rouge. Ses activités y furent variées, mais elle s’en acquitta toujours consciencieusement. Durant la seconde guerre mondiale, elle s’occupa des colis aux prisonniers, les réceptionnant auprès des familles puis se chargeant de leur expédition vers les différents stalags.

Restée dans la maison familiale, elle eut aussi à s’occuper de ses parents, de Jean-Baptiste Bellière, père toujours autoritaire qui décéda juste après la guerre à l’âge de 75 ans, et de sa maman Atala Decarme, femme soumise, qui s’en alla en 1957 âgée de 87 ans. Mademoiselle Bellière comme tous l’appelaient à Floreffe vécut alors seule dans cette même maison durant plus de trente ans.

Ceux qui la connurent la virent ainsi sur tous les fronts où la Croix-Rouge pouvait être utile.

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